Tout commence souvent par un premier appel gratuit. Une voix douce, une écoute rare, puis une phrase qui accroche : « Je vois quelqu’un autour de vous… » La suite est une mécanique, et elle se répète.
La fabrique de l’urgence
Le ressort principal est la peur. Un « blocage », un « mauvais sort », un danger imminent : le problème est inventé, puis la solution vendue. Chaque étape appelle un nouveau paiement (une bougie, un « travail », un « désenvoûtement ») et l’addition grimpe, parfois jusqu’à des milliers d’euros.
« On ne vend pas une prédiction. On vend une peur, puis son remède. »
Les signaux qui doivent alerter
Une promesse de résultat (« il reviendra »). Une urgence fabriquée. Des paiements répétés ou croissants. La peur d’un sort, d’un envoûtement. L’interdiction d’en parler à vos proches. Un seul de ces signaux suffit à s’arrêter.
La loi connaît ces pratiques. L’abus frauduleux de l’état de faiblesse est un délit (article 223-15-2 du Code pénal), puni jusqu’à trois ans de prison et 375 000 € d’amende1. La MIVILUDES, mission interministérielle de vigilance contre les dérives sectaires, recense ces dérives ; la DGCCRF et la plateforme SignalConso permettent de signaler2.
Ce qui protège
La règle est simple : une voyance sérieuse n’exige jamais de payer pour « lever » un danger qu’elle vient elle-même de décrire. Elle ne promet rien, n’impose pas l’urgence, et vous laisse libre d’en parler. Au moindre doute, on raccroche, et on signale.
Pour aller plus loin
- Article 223-15-2 du Code pénal, abus frauduleux de l’état d’ignorance ou de faiblesse.
- MIVILUDES, Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires ; DGCCRF et SignalConso pour les signalements.


